Lors de ma première visite de la maison de Sigmund Freud, je m’y suis sentie invitée. Tout y respire encore la rigueur du travail, l’intensité du silence, des lueurs de joie, d’espérance, de beauté. Le renouvellement perpétuel que la végétation du Jardin manifeste, contraste avec l’âge des livres usés, travaillés, lus et relus maintes fois, des lettres, des textes écrits de si belles plumes, l’invitation du divan dense de transferts anciens est si forte, si actuelle, si palpable ; Les murmures de tous ses objets riches encore de quelques rêves, ceux interrompus par la guerre et l’exil et les derniers peut être riches de ce lieu vibrant du désir de toujours découvrir…. Cette maison est un sanctuaire, un temple d’exil et de pensées, de vie de famille, où la présence d’Anna plus discrète est aussi très douce.

Cette demeure respire le souffle du questionnement de la pensée au langage, de la langue maternelle à la langue d’adoption où la trace demande à être reprise.

La chronologie de l’histoire, les valises, le départ et cet autre temps qui ne passe pas, le temps historique se plie au temps de l’inconscient, ce temps sans horloge où la mémoire n’est pas derrière nous mais encore en train d’advenir ;

À bientôt Monsieur Freud, je vous rejoins pour le thé ….