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  • frederique STREF

Mécanismes d’adaptation enfance et expatriation

Updated: Jun 27

Vivre à l’étranger requiert une vraie capacité d’adaptation. Le parallèle entre les mécanismes d'adaptation des enfants et ceux des expatriés est intéressant regardons, en nous appuyant sur les théories psychanalytiques du développement.

Le choc culturel est défini comme "la frustration et la confusion qui résultent du fait d'être bombardé par des signaux ininterprétables. »

Ici, nous avons un avantage considérable car le processus d’obtention de visa est tellement difficile que l’intérêt de notre présence sur le sol a été validé et requis, donc l’opinion du pays d’accueil nous est favorable.

L'adaptation culturelle est étroitement liée à des traits de personnalité tels que l'ouverture d'esprit, la confiance en soi, la capacité à établir des relations avec les gens et la curiosité.

L’expatriation exige à la fois de la flexibilité et un fort sentiment de soi, pour interagir avec les ressortissants du pays d'accueil, établir une relation de respect mutuel et d'interdépendance sans perdre son identité. Cela signifie maintenir des frontières personnelles ni trop fluides ni trop rigides pour éviter un isolement culturel (ghettos d'expatriés), ou une immersion totale (devenir natif) et trouver un bon équilibre entre ces deux extrêmes.

La façon dont les enfants résolvent certains problèmes de développement peut se refléter dans la façon dont les expatriés parviennent à s'adapter à leur nouvelle vie.

Soulevons brièvement les questions de dépendance, de formation de l'identité, d'autonomie et de contrôle, considérées comme des préoccupations essentielles à différents stades du développement d’après les travaux de Freud, Erikson, Klein et Dolto.

Le premier problème qu'un enfant doit résoudre est la dépendance. En effet, le nourrisson doit négocier ses besoins de dépendance, exprimés par des pulsions orales. Une certaine quantité de frustration est jugée nécessaire pour développer la tolérance à la frustration et le contrôle des pulsions. Ces expériences de la dépendance aideront l'enfant à développer un sens de la réalité et du fantasme et le conduiront à développer une identité.

Pour les enfants, les premiers mécanismes (satisfaction et frustration des besoins de dépendance) pour percevoir la réalité impliquent la division du monde entre le bon et le mauvais, ce qui, avec le temps, permettra d'intégrer la construction d'une identité plus cohérente et stable.

Le problème de l'identité de l'expatrié, de ne pas comprendre les coutumes ou les modes de fonctionnement de la nouvelle culture, peut générer de la frustration.

Le déni apparaît au début d’expatriation, les difficultés sont minimisées puis apparait une période de désillusion, soudain il n'est plus amusant de prendre un bus sans savoir où se trouve l'arrêt. Le choc culturel se déclenche avec des niveaux de frustration importants. La joie d'explorer la ville et de découvrir la culture d'accueil peut se transformer en cauchemar.

Une autre tâche que les enfants doivent maîtriser est d'établir un sentiment de soi, en créant une identité, la phase ou le nourrisson n’a pas le sens des autres et suivie par la phase où il n’y a pas de sens de différenciation aux autres suivie de la séparation-individuation.

La frustration due à des besoins de dépendance non satisfaits et la frustration liée aux besoins d'individuation non satisfaits créent du stress et conduisent à des sentiments de dépendance et d'impuissance, entraînant la réactivation d'un autre mécanisme de défense précoce : le fractionnement.

Certains expatriés utilisent le même mécanisme de fractionnement, et divisent le monde en "tout bon" ou "tout mauvais" ; la culture et le fonctionnement d'origine sont tous bons tandis que la culture et les mécanismes d'accueil sont tous mauvais, inefficaces et n'ont aucun sens. Cela conduit à des sentiments de "nous contre eux", plus exacerbés si la communauté d'expatriés apparaît comme le refuge du "nous" par l'appartenance au groupe.

Une fois qu'ils ont réalisé leur séparation et intégré une identité, qu'ils ont maîtrisé la capacité de gérer la frustration et qu'ils ont fait l'expérience de l'émergence de fonctions autonomes du moi, les enfants sont confrontés aux conflits de l'autonomie et du contrôle.

Dans les situations où l'indépendance, le sentiment d'autonomie et le contrôle ne sont pas acquis pendant l'enfance, ces besoins peuvent être satisfaits plus tard dans la vie adulte par la consommation d'alcool ou de drogues.

Pour les expatriés, avoir de l'autonomie peut être problématique. Ils peuvent être confrontés à moins de possibilités d'expressions d'individuations, surtout pour le conjoint qui a suivi le partenaire expatrié, sans aborder aujourd’hui le sujet la dépendance financière.

Parfois, le conjoint actif passe plus de temps au travail, par nécessité ou pour éviter la maison, ou l'atmosphère familiale est devenue désagréable en raison de conflits non résolus exacerbés par le nouvel environnement, cela peut se refléter sur le conjoint qui se sent abandonné, seul, et devient de plus en plus déprimé et/ou plein de ressentiment.

Comme les conflits non résolus dans l'enfance, la dépression et le ressentiment d'une expatriation malheureuse ou déséquilibrée ont des conséquences sur l’individu, le couple, la famille et le développement des enfants.






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